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Malgré la possibilité de choisir une assurance individuelle, les emprunteurs privilégient encore l’assurance proposée par leur banque
Malgré la possibilité de choisir une assurance individuelle, les emprunteurs privilégient encore l’assurance proposée par leur banque

Assurance emprunteur : la stratégie des banques pour vous garder

Alors qu’ils peuvent souscrire une assurance emprunteur individuelle et faire des économies, de nombreux Français ont fait le choix de l’assurance de groupe de leur banque. C’est votre cas ? Découvrez comment et pourquoi votre agence vous a fait oublier la délégation d’assurance.

L’assurance en délégation : une possibilité d’économie peu utilisée

Initiée par la loi Lagarde de septembre 2010 puis renforcée par les lois Hamon et Bourquin en 2014 et 2018, la possibilité de souscrire une assurance emprunt immobilier ailleurs qu’auprès du prêteur est peu utilisée. Et pourtant, si au départ la loi Lagarde n’avait fait qu’ouvrir à la concurrence le marché de l’assurance emprunteur, depuis l’amendement Bourquin, vous pouvez changer de contrat et d’assureur tous les ans, à la date anniversaire de votre souscription (contre une fois durant la première année pour la précédente loi Hamon).
Et cette possibilité est une réelle chance de faire des économies si vous disposez d’un profil d’emprunteur idéal. C’est-à-dire sans trop de risques. On estime par exemple qu’un emprunteur non-fumeur d’environ 30 ans peut obtenir une assurance emprunteur jusqu’à 10 fois moins couteuse (à un taux de 0,04% pour une assurance en délégation contre 0,40% pour le contrat groupe de la banque prêteuse).

Assurance emprunteur : les banques font baisser les coûts

Alors pourquoi 85% du marché de l’assurance emprunteur revient-il encore aux banques ? Ce chiffre qui n’a que peu diminué en 2018 (de 1 à 2% selon les enseignes) malgré la réforme législative, peut s’expliquer par les stratégies qu’ont mises en place ces organismes pour vous retenir.
Selon le directeur général adjoint de CBP (gestionnaire d’assurances de prêt), les banques répondent aujourd’hui à des emprunteurs de mieux en mieux informés. Ceux-ci arrivent d’ailleurs souvent avec des propositions alternatives dès le premier rendez-vous.
Et dans ces conditions, les clients emprunteurs peuvent espérer obtenir de 20 à 30% de ristourne sur l’assurance groupe de la banque. Un geste de plus en plus pratiqué, mais qui parfois ne suffit pas. Les jeunes actifs emprunteurs par exemple, ont souvent des propositions beaucoup plus attractives. À ces clients exigeants, les enseignes proposent donc de plus en plus de souscrire un contrat individuel auprès de leur filiale : Sogecap pour la Société Générale, Cardif pour BNP Paribas ou encore Prédica pour le Crédit-Agricole. C’est ainsi que souvent, le banquier peut faire une contre-proposition aux emprunteurs tentés par la délégation d’assurance.

Le courtage en assurance emprunteur : la botte secrète des banques

Et si tout ça ne suffit pas encore, certaines enseignes ont pris le pas de se transformer en courtier d’assurance. Elles ont mis en place des plateformes comparatives, où leurs clients pourront découvrir non seulement le contrat groupe, mais également le contrat de la filiale et ceux de quelques concurrents. C’est par exemple le cas de la Banque Populaire et de la Caisse d’Épargne, qui ont fait appel pour cela à la CBP. Cette société revendique déjà 200.000 contrats d’assurance emprunteur individuels sur l’année 2018 (soit 25% de plus pour cette activité).
Et cette dernière stratégie n’a pas que des conséquences négatives pour les banques. En se transformant en agence de courtage auprès de son client emprunteur, le banquier reste l’interlocuteur unique de celui-ci. Il sera ainsi en position pour lui proposer d’autres contrats d’assurance (habitation, voiture). De plus, à chaque contrat concurrent distribué, l’enseigne touche une commission d’environ 20%.
Côté assuré, vous faites des économies. Mais peut-être un peu moins qu’en choisissant de souscrire une assurance en délégation. Les organismes d’assurances ont en effet encore tendance à réintégrer une partie de la commission offerte aux banques dans les mensualités. À vous de comparer !

Publié par Sarah Joly

A propos Sarah Joly

Responsable Publicité et Communication chez L'immobilier 100% entre Particuliers.

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